1800 (début) - Enseigne de l'Hôtel de Commune de Lignières
(Photo 1967 - Visages du Pays de Neuchâtel - Edition de la Baconnière
Autorisation de publication SMSN - MS No H 370/11a-1967)

   
 



Photo noir-blanc de l'enseigne vue de l'autre côté

A l'origine une des multiples fonctions de la " Maison du Village " était d'abriter un cabaret. Sitôt le droit d'auberge accordé aux communiers de Lignières par leur seigneur, ils placèrent une enseigne à l'angle du bâtiment.
A l'effigie du Soleil aux rayons dorés, cette œuvre, classée par les Monuments et Sites du canton de Neuchâtel, était visible par les voyageurs venant aussi bien de Bâle, de Berne que de Neuchâtel.
Décrochée lors de la dernière réfection de la façade de l'Hôtel de Commune, cette œuvre d'artisan aujourd'hui défraîchie mérite un sérieux lifting afin de reprendre sa place bien méritée. C'est l'objectif que s'est fixé la FHCL e.p., l'enseigne ayant été remise généreusement en don par l'ancien propriétaire, André Moret, restaurateur de l'Hôtel de Commune de Lignières, et qui est ici chaleureusement remercié.

 

A noter qu'une subvention de restauration a été accordée par le Département de l'instruction publique et des affaires culturelles du canton de Neuchâtel et par la Confédération.
En juillet 2004, la Loterie Romande, à son tour, nous allouait, avec l'approbation du Conseil d'Etat neuchâtelois, un important montant permettant d'assurer la restauration de cet objet d'art. Une part de la vente du vin de la FHCLec. au comptoir de l'Hôtel de Commune ou par la carte des vins, y contribue également.
En mars 2005, l'enseigne de l'Hôtel de Commune quittait notre commune pour l'atelier de M. Willy Brandt, ferblantier d'ornements à Sugiez FR. Pour mémoire, elle a été photographiée aux côtés de Mme Jacqueline Gauchat de Lignières, qui est de formation peintre en enseigne publicitaire, et M. Brandt. Lors de l'opération délicate de démontage, il a été remarqué une plaquette de cuivre estampillée indiquant que la dernière restaurantion datait de 1958. C'est l'architecte R. Grandgean, à Neuchâtel, qui avait entreprit ces travaux, supervisés déjà à l'époque par le Service de la Protection des Monuments et Sites. Aujourd'hui, c'est M. Patrick Jaggi qui assume ce rôle, et que nous remercions vivement pour les conseils, le soin qu'il tient à apporter à cette restauration, ainsi que pour les photographies.

- Photo : L'enseigne en pièces à l'atelier W. Brandt
- Photo : Visage du soleil face a
- Photo : Revers du soleil a
- Photo : Visage du soleil face b
- Photo : Revers du soleils b
- Photo : Ferrure avec partie boisée et une estampille
- Photo : Estampille sur partie boisée : "Serrurier Wagner-Gacon

Les travaux de restauration du ferblantier comprennent :
- Démontage et mise en état de la structure acier de l'enseigne,
- Sablage, peinture,
- Réparation et décapage des deux soleils, décapage des quatre rosaces en laiton et des deux rosaces en cuivre,
- Fabrication d'un nouvel ornement en cuivre au bas de l'enseigne sous forme de guirlande avec trois rosaces,
- Remontage des différentes parties de l'enseigne.

Après les travaux de ferblanterie, l'enseigne a été transportée jusqu'à l'Atelier de Michel & Elisabeth Muttner, conservateurs-restaurateurs au Landeron. Des examens microscopiques – véritable recherche « SherlokHomeuse » ont permis l'identification de la pigmentation des différentes couleurs utilisées à l'origine. Ce minutieux travail de restauration a permis de retrouver l'enseigne telle qu'elle était à l'époque.

Finalement, Jacqueline, peintre en enseigne publicitaire et enfant du village, redonnait de la couleur d'or à ce nouveau soleil resplendissant.

Elle devrait donc rayonner à nouveau sur la place du village, au moment de la parution du Livre d'histoire de Lignières. Le visage en terre cuite du Soleil imperturbable verra ainsi défiler encore bien des générations de Bequias.

" Il fallait monter au premier… On me fit entrer dans une grande pièce meublée d'une manière particulière. Un banc faisait le tour de la chambre ; dans le fond était une table avec un énorme écritoire et derrière la table clouée, sur le banc, un fauteuil tout en bois… Je demandai quelle était cette salle si singulièrement ornée.C'est, me répondit-on, la chambre de justice.Cette maison est à la fois l'Hôtel de Commune, l'auberge et le cabaret du village " - Souvenir amusé d'un touriste allemand, 1812 -

Ces quelques lignes pourraient être citées à l'angle de l'Hôtel de Commune lors d'une virée dans notre belle région un jour d'automne. En effet, le voyageur courageux qui montait à Lignières pouvait se désaltérer à l'enseigne de l'Auberge du Soleil avec un bon vin du cru.

 
 
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